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Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 11:19

Au terme d’une saison à tous points de vue exceptionnelle, les filles de Challes Espoir auraient dû évoluer en NF1, auréolées d’un titre de Championnes de France incontesté. La saison prochaine, le vert aura pourtant disparu des terrains de basket de France et de Navarre. Retour sur un énorme  gâchis.

 

finale Espoirs Mondeville 197 

Il reste quelques secondes à jouer lors de la finale retour face à Mondeville où les Espoirs de Challes mènent 69-56. Mélissa Ville hérite d’un ballon face au cercle et tente un shoot de loin, qui rentre. Explosion de joie sur le terrain, sur le banc et dans les tribunes de la Halle Bérégovoy.

Les jeunes filles se congratulent. Les parents sont émus aux larmes. Ce groupe vient de décrocher la montée en NF1 et offre un titre de Championnes de France à leur club. La force du cœur a parlé.

La saison prochaine, Mélissa et ses copines vont évoluer au troisième échelon de la hiérarchie nationale. Historique pour le club de Challes ! Fruits de dix années de travail et de formation, sous la houlette de Rachid Méziane, responsable du centre de formation, et de Fabrice Fernandes, entraîneur, cette montée et ce titre – le seul véritable acquis par le club savoyard depuis son retour au plus haut niveau – écrivent une nouvelle belle page du basket savoyard.

 

Du rêve au cauchemar

Enfin… C’est ce qui aurait dû se passer. Aujourd’hui, Mélissa se retrouve sans club et en attente d’une solution viable quant à son avenir immédiat.

Un projet mal ficelé est passé par là. Un projet dévoilé la veille du Final Four, dans les médias, et suscitant naturellement un sentiment d’incompréhension générale au sein d’un groupe jusque-là serein et euphorique. La fusion de la section professionnelle avec le Lyon Basket Féminin fait l’effet d’une bombe. Les joueuses se retrouvent dans le brouillard. Beaucoup passent le baccalauréat et les conséquences de cette union, à terme, suscitent beaucoup d’interrogations à un moment où leur avenir se décide en grande partie. Devant l’incapacité des dirigeants à rassurer le groupe, et face aux incohérences et contradictions répétées, beaucoup songent à partir. Le fait d’avoir été mises devant le fait accompli, de ne s’être jamais fait expliquer clairement ce qu’il adviendrait de leur avenir et la déception de ne pas se sentir soutenues durant leur exceptionnel parcours – un seul dirigeant présent au Final Four et lors de la finale retour – a fini de briser le lien entre ce groupe tellement prometteur et leur club de cœur. Mélissa, Estelle et Alexia jouaient depuis les catégories minimes à Challes et ont tout connu ensemble. Elles doivent maintenant se résoudre à se séparer.

 

Mondeville Challes-Espoirs 0082

L’inévitable exode

Dès lors, les contacts sont noués avec d’autres clubs. Le groupe se vide de sa substance. La plupart des joueuses trouvent refuge ailleurs. Le club ne peut retenir que celles sous convention de formation, jusqu’à lundi dernier où, après une ultime réunion du Conseil d’Administration, entérinant la fin programmée de l’association Challes-les-Eaux Basket en confiant les clés à un administrateur judiciaire, les filles retenues se retrouvent libres.

Margot Joret peut alors valider son départ pour Laveyron (L2) où elle retrouvera Manon Morel. Claire Michel peut dire oui à Charleville-Mézières (L1) et Léonie Mandon rejoindre l’AS Villeurbanne (NF1). Marie-Eve Paget suivra Rachid Méziane parti coacher Nice (L2), Amélie Voynet se dirigera vers Strasbourg (L2) et Alexia Lamontagne vers Meyzieux (NF2). Estelle Pichat évoluera au BO Savoie tandis que Mélanie Riondet poursuivra sa scolarité du côté de Montpellier. Margot-Vidal-Genève est en passe, quant à elle, de trouver une destination.

Restent le cas de Mélissa Ville, piégée par le temps et par un dossier à rebondissements, de Sara Chevaugeon, en stage avec l’équipe de France Juniors et dont l’avenir se trouve chamboulé, et de Fabrice Fernandes, artisan de cette exceptionnelle saison et qui espérait encore, jusqu’au dernier moment, pouvoir entrainer en Savoie. Tous les trois font partie des victimes collatérales de ce scénario catastrophe, au même titre que les salariés, bénévoles, supporters et ces dizaines de jeunes qui ne pourront plus rire avec une grosse balle orange dans les gymnases…

L’amertume et le sentiment de gâchis prédominent aujourd’hui. Tout est allé si vite, du rêve au cauchemar.

En septembre, il faudra se pincer à la lecture du calendrier des différents championnats. De force du cœur il n’y aura plus. Ne subsisteront que des cœurs gros, et certainement quelques dernières larmes versées sur l’hôtel d’ambitions démesurées.

 

 Fabien Savouroux

Par fabien - Publié dans : Comptes-rendus du DL - Communauté : Le Basket Féminin
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